Le compte-titres ordinaire (CTO) est l’enveloppe boursière la plus libre : aucun plafond, aucune restriction géographique, tous les types de titres. Sa contrepartie ? Il n’offre aucun avantage fiscal — chaque gain est imposé immédiatement.
Ce guide explique ce qu’est un CTO, ce qu’on peut y mettre, sa fiscalité, et surtout quand le préférer (ou non) au PEA.
Qu’est-ce qu’un compte-titres ordinaire ?
Le CTO est un compte permettant d’acheter et de vendre des titres financiers, sans aucune des limites du PEA. Il est ouvert à tous — y compris aux mineurs (via leurs parents) et aux non-résidents — et l’on peut en détenir autant que l’on veut.
C’est le couteau suisse de l’investissement en bourse : une liberté totale, mais dénuée de la fiscalité privilégiée du PEA.
Ce qu’on peut y loger (sans limite)
Le CTO accepte tout ce que le PEA refuse :
- des actions du monde entier en direct (américaines, asiatiques, émergentes…), sans passer par un montage synthétique ;
- des obligations et produits de taux ;
- des ETF non éligibles au PEA, y compris les ETF or physique et matières premières ; → Investir dans l’or via un ETF
- des produits structurés, et la plupart des instruments cotés.
Aucun plafond de versement : vous y investissez le montant que vous souhaitez.
La fiscalité du CTO : son principal inconvénient
C’est là que le CTO paie sa liberté. Contrairement au PEA, il n’y a pas de report d’imposition : chaque plus-value réalisée (quand vous vendez avec un gain) et chaque dividende perçu est imposé immédiatement, l’année où il a lieu.
Le taux applicable en 2026 est la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif si celui-ci vous est plus favorable.
À noter : le CTO est bien concerné par la hausse des prélèvements sociaux de 2026 (18,6 %) — contrairement à l’assurance vie, qui en a été exclue et reste à 17,2 %.
Cette imposition immédiate, année après année, freine l’effet des intérêts composés — d’où l’intérêt de remplir d’abord son PEA. → La fiscalité du PEA en détail
PEA ou CTO : lequel choisir ?
La bonne façon de voir les choses : ces deux enveloppes ne s’opposent pas, elles se complètent.
| Critère | PEA | CTO |
|---|---|---|
| Plafond de versements | 150 000 € | Illimité |
| Univers d’investissement | Actions/ETF européens (+ monde via synthétique) | Monde entier, tous titres |
| Fiscalité | Rien pendant, puis PS 18,6 % après 5 ans | Flat tax 31,4 % sur chaque gain |
| Nombre | Un seul par personne | Illimité |
| Disponibilité | Retrait libre après 5 ans | Retrait libre à tout moment |
La stratégie la plus courante : on remplit d’abord le PEA (pour son avantage fiscal), puis on utilise le CTO en complément, quand le PEA ne suffit plus ou ne permet pas ce que l’on veut. → Où ouvrir un PEA
Quand le compte-titres est-il utile ?
Le CTO devient pertinent dans plusieurs cas :
- votre PEA est plein (au-delà de 150 000 € de versements) ;
- vous voulez investir hors d’Europe en direct (actions américaines, émergentes) sans recourir à un ETF synthétique ;
- vous visez des actifs non éligibles au PEA : obligations, or physique (via ETC), matières premières, certains ETF ;
- vous cherchez une flexibilité totale, sans horizon de 5 ans ni plafond ;
- vous souhaitez ouvrir un compte pour un enfant mineur, ce que le PEA ne permet pas.
Comment ouvrir un CTO
Le CTO s’ouvre chez un courtier en ligne — souvent les mêmes que pour le PEA, auxquels s’ajoutent des courtiers tournés vers les marchés mondiaux. Comme toujours, privilégiez les frais réduits. → Comparatif des courtiers · Comment passer un ordre de bourse
Le cas de la transmission
À la différence de l’assurance vie, un CTO entre dans la succession et est soumis aux droits de succession classiques. Il existe toutefois un mécanisme favorable : au décès, les titres sont transmis aux héritiers à leur valeur du jour du décès, qui devient leur nouveau prix d’acquisition. Les plus-values latentes accumulées du vivant du titulaire sont ainsi « purgées » — les héritiers ne paient pas d’impôt sur ces gains-là.
Questions fréquentes
C’est quoi un compte-titres ordinaire ?
Un compte permettant d’investir en bourse sans limite de montant, de géographie ni de type de titre. Sa contrepartie est l’absence d’avantage fiscal : les gains sont imposés immédiatement.
Quelle est la différence entre un PEA et un CTO ?
Le PEA offre un avantage fiscal après 5 ans mais impose des limites (plafond, titres européens, un seul par personne). Le CTO n’a aucune limite mais aucun avantage fiscal. On privilégie le PEA, et on complète avec le CTO.
Quelle est la fiscalité d’un compte-titres ?
Chaque plus-value réalisée et chaque dividende est imposé l’année même, à la flat tax de 31,4 % en 2026 (ou au barème progressif sur option).
Peut-on avoir plusieurs comptes-titres ?
Oui, sans limite de nombre, y compris chez plusieurs courtiers différents.
Peut-on ouvrir un compte-titres pour un enfant mineur ?
Oui. Contrairement au PEA (réservé aux majeurs), un CTO peut être ouvert au nom d’un enfant mineur, géré par ses représentants légaux.
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cadre fiscal à jour pour 2026.