ETF or et PEA : peut-on investir dans l’or avec un PEA ?

C’est l’une des recherches les plus fréquentes des investisseurs français — et l’une des plus mal traitées. Alors disons-le sans détour : il n’existe aucun ETF or physique éligible au PEA. Ni l’iShares Physical Gold, ni l’Amundi Physical Gold, ni le WisdomTree Gold. Aucun.

Mais cela ne veut pas dire que vous êtes sans options. Il existe des façons de s’exposer à l’or depuis un PEA — à condition de comprendre ce que vous achetez réellement, car aucune ne réplique fidèlement le cours du métal. Ce guide fait le tour de la question, sans zone d’ombre.

Pourquoi l’or physique n’entre pas dans un PEA

Le PEA est, par la loi, réservé aux actions européennes et aux fonds assimilés à des actions. Or les produits qui suivent le cours de l’or ne sont pas des fonds d’actions : ce sont des ETC (Exchange Traded Commodities), c’est-à-dire des titres de créance adossés à de l’or physique. Deux raisons les excluent donc du PEA :

  • ce sont des titres de créance, pas des actions ni des fonds d’actions ;
  • ils sont le plus souvent domiciliés hors de l’Union européenne (Royaume-Uni, Suisse), depuis le Brexit notamment.

Résultat : les grands trackers or (iShares Physical Gold, Amundi Physical Gold, WisdomTree Gold, Invesco Physical Gold) sont accessibles en compte-titres, jamais en PEA.

Les deux vraies façons de s’exposer à l’or dans un PEA

Il reste deux portes d’entrée, toutes deux indirectes :

1. Les ETF de sociétés minières aurifères. Ce sont des fonds qui détiennent des actions d’entreprises qui extraient l’or (mines, raffinage). Comme ce sont des fonds d’actions, une version domiciliée dans l’UE peut être éligible au PEA — souvent via réplication synthétique. Exemples fréquemment cités : Amundi NYSE Arca Gold BUGS ou iShares Gold Producers. Leurs frais de gestion sont plus élevés que ceux d’un ETF indiciel classique (souvent 0,5 à 0,7 %).

2. Les ETF de matières premières diversifiées. Certains ETF synthétiques donnent accès à un panier de métaux (or, argent, cuivre, platine…) tout en étant structurés pour rester éligibles au PEA. L’or n’y représente qu’une fraction (de l’ordre de 15 %). Exemple cité : iShares Diversified Commodity Swap.

À cela s’ajoute une troisième voie, en direct : certaines actions minières européennes sont éligibles au PEA — par exemple le suédois Boliden, qui profite indirectement de la hausse des métaux.

Avertissement pratique. Si un article prétend qu’il existe un ETF or physique éligible au PEA, méfiez-vous. Avant d’acheter, vérifiez toujours l’ISIN et la mention explicite « éligible PEA » sur la fiche officielle de l’émetteur ou sur un annuaire d’ETF. Les gammes évoluent et les erreurs sur ce point précis sont fréquentes. → Bien choisir ses ETF en PEA

Le piège à comprendre : ces solutions ne répliquent pas le cours de l’or

C’est le point que la plupart des articles passent sous silence. Investir dans des minières aurifères, ce n’est pas investir dans l’or. La performance d’une mine dépend du prix de l’or, mais aussi de ses coûts de production, de sa gestion, du contexte géopolitique et de la santé générale des marchés actions.

Conséquences concrètes :

  • les ETF de minières sont plus volatils que l’or lui-même et corrélés aux marchés actions — exactement ce contre quoi l’or est censé vous protéger en cas de crise ;
  • ils peuvent afficher des écarts de performance importants, positifs comme négatifs, par rapport au métal ;
  • en contrepartie, ils versent des dividendes, ce que l’or physique ne fait jamais.

Autrement dit : si votre objectif est d’ajouter une valeur refuge décorrélée à votre portefeuille, les minières logées en PEA ne remplissent qu’imparfaitement ce rôle.

Pour une exposition fidèle au cours de l’or : le compte-titres

Si vous voulez suivre réellement le prix de l’or, la bonne enveloppe n’est pas le PEA mais le compte-titres ordinaire (CTO), qui donne accès aux ETC or physique (iShares, Amundi, WisdomTree…). Ils répliquent fidèlement le cours du métal, sans les contraintes d’achat, de stockage et d’assurance de l’or physique. → PEA ou compte-titres : lequel choisir

Côté fiscalité, les gains réalisés sur un ETC or ou un ETF de minières détenu en CTO relèvent de la flat tax de 31,4 %. À l’inverse, dans un PEA, les minières et ETF matières premières bénéficient de l’exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus) — un argument de plus, si vous acceptez leur nature d’actions.

D’autres enveloppes permettent aussi une exposition à l’or : l’assurance vie (certains contrats proposent des unités de compte aurifères) et l’or physique en direct (pièces, lingots), soumis à son propre régime fiscal.

Faut-il vraiment investir dans l’or ?

Une mise en perspective, pour décider en connaissance de cause. Depuis 2000, l’or affiche une performance d’environ 9 % par an en euros — mais cette moyenne masque de longues phases de stagnation (par exemple entre 2013 et 2018).

L’or se justifie donc davantage comme actif de protection et de diversification que comme moteur de performance d’un patrimoine. La plupart des approches prudentes le limitent à une petite part du portefeuille (souvent 5 à 10 %), précisément pour amortir les chocs sans plomber le rendement de long terme.

Comment investir concrètement

Pour une exposition « or » dans un PEA (minières ou matières premières) :
1. Ouvrez un PEA chez un courtier adapté. → Où ouvrir un PEA
2. Vérifiez l’ISIN et la mention « éligible PEA » du fonds visé.
3. Passez un ordre à cours limité. → Comment passer un ordre de bourse

Pour suivre fidèlement le cours de l’or (ETC or physique) : passez par un compte-titres. → Comparatif des courtiers

Questions fréquentes

Existe-t-il un ETF or physique éligible au PEA ?
Non. Les ETF or physique sont des ETC (titres de créance) domiciliés hors de l’Union européenne : aucun n’est éligible au PEA, qui est réservé aux actions et fonds d’actions.

Comment avoir de l’or dans un PEA, alors ?
De façon indirecte uniquement : via des ETF de sociétés minières aurifères, des ETF de matières premières diversifiées incluant l’or, ou des actions minières européennes éligibles. Aucune de ces solutions ne réplique exactement le cours de l’or.

Un ETF de minières, c’est comme investir dans l’or ?
Non. Sa performance dépend du prix de l’or mais aussi de la santé des entreprises minières : il est plus volatil, corrélé aux marchés actions, et verse des dividendes. Pour suivre le cours de l’or, il faut un ETC or en compte-titres.

Quelle fiscalité pour l’or en bourse ?
Dans un PEA, les minières et ETF matières premières profitent de l’exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans (prélèvements sociaux de 18,6 % dus). En compte-titres, les gains sur ETC or et minières sont soumis à la flat tax de 31,4 %.

Quelle part d’or dans un portefeuille ?
L’or étant un actif de diversification et non de performance, il est généralement conseillé de le limiter à une petite fraction du portefeuille (de l’ordre de 5 à 10 %).


Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital ; l’or et les valeurs aurifères peuvent connaître de fortes corrections. Cadre fiscal et éligibilité à jour pour 2026 ; vérifiez l’ISIN et l’éligibilité PEA de chaque fonds sur la fiche officielle de l’émetteur avant d’investir.

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