PEA-PME : le guide complet (plafond, titres éligibles et fiscalité 2026)

Le PEA-PME est souvent qualifié d’« enveloppe oubliée » : moins connu que son grand frère le PEA, il permet pourtant d’investir dans les petites et moyennes entreprises européennes avec le même avantage fiscal. Mais il a une particularité qui change tout, et que la plupart des épargnants découvrent trop tard : on ne peut pas y loger d’ETF.

Ce guide fait le tour complet du PEA-PME en 2026 : son plafond, les titres et entreprises éligibles, sa fiscalité, et surtout à qui il s’adresse réellement.

Qu’est-ce que le PEA-PME ?

Créé en 2014 et complété par la loi PACTE en 2019, le PEA-PME est un plan d’épargne en actions dédié aux PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) européennes. Il fonctionne comme le PEA classique — même mécanique, même fiscalité — mais avec un univers d’investissement différent, orienté vers les plus petites capitalisations et, fait notable, vers certains titres que le PEA classique refuse : obligations de PME, titres participatifs et financement participatif (crowdfunding).

C’est une enveloppe complémentaire du PEA : on peut détenir les deux.

Plafond : 225 000 €, mais mutualisé avec le PEA

C’est le premier piège à connaître. Le plafond de versements du PEA-PME est de 225 000 € — supérieur, sur le papier, à celui du PEA classique (150 000 €). Mais les deux enveloppes partagent ce plafond : le cumul des versements sur votre PEA et votre PEA-PME ne peut jamais dépasser 225 000 € au total.

Concrètement : si votre PEA classique est déjà rempli à 150 000 €, il ne vous reste que 75 000 € à verser sur votre PEA-PME. On ne cumule donc pas 150 000 € + 225 000 €. Chaque personne ne peut par ailleurs détenir qu’un seul PEA-PME.

Quelles entreprises et quels titres sont éligibles ?

Les entreprises éligibles doivent répondre à la définition européenne de la PME ou de l’ETI :

  • moins de 5 000 salariés ;
  • et un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan inférieur à 2 milliards d’euros ;
  • avec un siège social dans l’UE ou l’EEE.

Ces critères excluent les grandes capitalisations du CAC 40 et orientent vers des sociétés plus modestes, souvent cotées sur Euronext Growth ou le compartiment C d’Euronext.

Les titres que vous pouvez y loger sont plus variés que dans un PEA classique :

  • des actions de PME-ETI européennes, cotées ou non cotées ;
  • des obligations convertibles ou remboursables en actions, des titres participatifs ;
  • des titres issus du crowdfunding (obligations, minibons émis via des plateformes de financement participatif agréées) — un apport de la loi PACTE ;
  • des fonds spécialisés (FCPR, FPCI) et, depuis 2024, des ELTIF 2.0 donnant accès au non-coté européen.

La grande particularité : pas d’ETF dans un PEA-PME

C’est le point décisif, celui qui distingue radicalement le PEA-PME du PEA classique. Il n’existe aujourd’hui aucun ETF éligible au PEA-PME.

En théorie, un ETF investi à au moins 75 % en titres de PME-ETI pourrait l’être. En pratique, depuis la disparition du dernier d’entre eux — le Lyxor PEA-PME, qui répliquait l’indice CAC PME — en janvier 2022, plus aucun tracker n’est disponible.

La conséquence est lourde : là où un PEA classique peut se piloter passivement avec un seul ETF Monde, le PEA-PME impose une sélection titre par titre, ou le recours à des fonds spécialisés. Cela demande plus de temps, de compétences et de tolérance au risque. Ce n’est pas une enveloppe « pose et oublie ».

La fiscalité du PEA-PME

Elle est identique à celle du PEA classique :

  • après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % (depuis le 1er janvier 2026) restent dus ;
  • avant 5 ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan et l’imposition des gains à la flat tax de 31,4 % ;
  • tant que les gains restent dans l’enveloppe, ils ne sont pas imposés et peuvent être réinvestis.

Comme le PEA, le PEA-PME est transférable d’un établissement à un autre sans perdre son antériorité fiscale : le compteur des 5 ans ne repart pas à zéro.

PEA ou PEA-PME : lequel, et peut-on cumuler ?

Les deux sont complémentaires, et la logique est presque toujours la même : on remplit d’abord le PEA classique — plus simple, diversifiable mondialement avec un seul ETF — puis on utilise le PEA-PME pour une exposition volontaire aux petites valeurs européennes ou au crowdfunding, si on le souhaite. → Où ouvrir un PEA

Rares sont les débutants pour qui le PEA-PME est prioritaire : sans ETF pour s’appuyer, il suppose une démarche active que le PEA classique n’exige pas.

Pour qui le PEA-PME est-il pertinent ?

Il s’adresse surtout à l’investisseur qui :

  • veut s’exposer aux small et mid caps européennes, absentes des ETF CAC 40 ou MSCI Europe Large ;
  • souhaite intégrer du crowdfunding obligataire ou du non-coté (via FCPR, ELTIF) dans un cadre fiscal avantageux ;
  • accepte un risque plus élevé : les petites valeurs sont moins liquides et plus volatiles que les grandes capitalisations, sur un horizon d’au moins 5 à 10 ans.

Pour qui cherche la simplicité et la diversification mondiale, le PEA classique avec un ETF reste le point de départ le plus logique.

Comment ouvrir un PEA-PME

  1. Choisissez un courtier qui le propose — tous ne le font pas. Le proposent notamment Bourse Direct, Fortuneo, BoursoBank, Hello bank!, Saxo et les banques traditionnelles ; Trade Republic, en revanche, ne propose pas de PEA-PME. → Comparatif des courtiers
  2. Ouvrez le plan en ligne, en complément éventuel de votre PEA.
  3. Sélectionnez vos titres (actions de PME-ETI, obligations, crowdfunding, fonds spécialisés). → Comment passer un ordre de bourse

Questions fréquentes

Quel est le plafond du PEA-PME en 2026 ?
225 000 €, mais ce plafond est mutualisé avec celui du PEA classique : le total des versements sur les deux enveloppes ne peut pas dépasser 225 000 €. Si le PEA est plein (150 000 €), il reste donc 75 000 € pour le PEA-PME.

Peut-on avoir un PEA et un PEA-PME en même temps ?
Oui, les deux sont complémentaires. Il faut simplement respecter le plafond commun de 225 000 € et ne détenir qu’un seul exemplaire de chaque par personne.

Existe-t-il des ETF éligibles au PEA-PME ?
Non. Depuis la disparition du dernier tracker éligible en janvier 2022, aucun ETF n’est disponible sur le PEA-PME. L’investissement se fait titre par titre ou via des fonds spécialisés.

Quelle est la fiscalité du PEA-PME ?
Elle est identique à celle du PEA : après 5 ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent. Avant 5 ans, un retrait entraîne la clôture et l’imposition à la flat tax de 31,4 %.

Le PEA-PME est-il risqué ?
Il l’est davantage qu’un PEA classique : les PME et ETI sont moins liquides et plus volatiles que les grandes capitalisations. C’est un placement de long terme (5 à 10 ans minimum) qui suppose une sélection active des titres.


Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital, accru sur les petites capitalisations. Cadre fiscal et plafonds à jour pour 2026 ; vérifiez les informations auprès des sources officielles avant toute décision.

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